Année 2020

Small Stories - Un nouveau paradigme pour les recherches sur le récit

 

Livre de Patron Sylvie

Le concept de small stories a été introduit dans la discussion scientifique par Michael Bamberg et Alexandra Georgakopoulou. Il désigne « un ensemble d’activités narratives sous-représentées, comme les récits d’événements en cours, d’événements futurs et hypothétiques, d’événements
partagés (connus), mais aussi les allusions à des récits, les récits différés ou encore les refus de raconter ». Le but de la small stories research est de déplacer l’attention, auparavant centrée sur les récits de soi, récits longs, pris en charge par un narrateur unique, consacrés à des événements passés non partagés, vers les récits courts et fragmentés que l’on trouve dans les environnements interactionnels de tous les jours.
Cet ouvrage vise à présenter au public français les principaux développements de la small stories research et à encourager la collaboration entre les chercheurs français et anglo-saxons, de même qu’entre les chercheurs de différentes disciplines

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LA VÉRITÉ SUR L’ANTHROPOCÈNE

 

Livre de Nathanaël Wallenhorst

L’homme est-il réellement devenu une force d’ampleur géologique ? Sommes-nous vraiment entrés en Anthropocène ? Les écosystèmes s’effondrent-ils, et si oui, la civilisation les suivra-t-elle ? Les scientifiques sont-ils même d’accord entre eux ? Qui croire ? Que se passe-t-il  pour de vrai ?
L’état des lieux de notre planète fait débat. Des voix s’élèvent, contradictoires. Préférant les savoirs géoscientifiques à l’agitation sociale, Nathanaël Wallenhorst entend aller y voir de plus près. Mais où les trouver, ces savoirs, sinon dans des publications scientifiques à comité de lecture, en anglais et pas toujours accessibles ? Pour nous, il les passe en revue et en résume la substantifique moelle.
Une enquête au cœur de la science, avec à la clé des réponses aux plus vives questions du temps présent. A nous, dans son sillage, de démêler le vrai du fake !

Histoire de vie et recherche biographique : perspectives sociohistoriques

 

Livre sous la direction de : Aneta Slowik, Hervé Breton, Gaston Pineau.

Préface : Franco Ferrarotti

Depuis la parution en 1918 de l'ouvrage fondateur The Polish Peasant in Europe and America : Monograph of an Immigrant Group de William Thomas et Florian Znaniecki, un puissant courant de recherche s'est déployé à partir des récits de vie. La vitalité de ce paradigme est réfléchie selon différentes perspectives sociohistoriques dans cet ouvrage. Ce livre collectif est le produit d'une recherche internationale sur la vitalité historique des approches narratives et biographiques.

Ils disent que c'est un collège poubelle

 

A PARAÎTRE VERS LE 10 FEVRIER

Livre d'Anne Dizerbo

Faisant suite à « J’ai rien à raconter ». Une éducation narrative pour apprendre à s’orienter , cet ouvrage vise à mettre en évidence les interactions entre parcours singulier de l’élève et récits collectifs et s’attache à rendre visibles à travers les dits et récits des élèves les processus d’appropriation de la forme scolaire. Sans remettre en cause certaines déterminations sociales, il s’agit de donner à comprendre les modalités de leur dépassement, en particulier en permettant aux élèves d’accéder à un statut d ’auteur . Dans cette voie, l’ouvrage propose des pistes d’accompagnement pédagogique qui engagent tant la posture éducative de l’enseignant que le sens que les élèves donnent à leur parcours d’apprentissage et d’orientation.

Je suis au pays avec ma mère

 

Livre de Irene de Santa et Ana Isabelle Pralong

C’est dans le cadre d’une psychothérapie qu’Irene de Santa Ana a rencontré Cédric ; Cédric, jeune requérant, sort de plusieurs mois d’errance, dormant dans des parcs après avoir essuyé un premier refus à sa demande d’asile. Le statut de «débouté» prive Cédric de bien des droits accordés aux êtres humains, et le plonge dans d’épaisses limbes administratives, mais également existentielles. Au pays, plus rien ne l’attend; en Suisse, l’espoir de pouvoir rester est plus que ténu. De cette psychothérapie, Irene de Santa Ana va faire un article, et c’est de cet article qu’Isabelle Pralong s’est emparée pour Je suis au pays avec ma mère. Isabelle Pralong s’est intéressée plus particulièrement aux rêves de Cédric, qu’elle met ainsi en image. Le texte de l’article, complètement repensé et réécrit par Irene de la Santa Ana, vient ici introduire, commenter voire compléter les pages dessinées. Eminemment métaphorique, porteuse de sens, cette matière onirique rend compte à sa façon de l’état psychologique dans lequel doit évoluer et (sur)vivre Cédric, la complexité de son ressenti, de ses sentiments. Livre singulier dans une bibliographie singulière, Je suis au pays avec ma mère s’immisce dans des territoires politiques et sociaux sans une once de misérabilisme, et tente d’aborder autrement une question de société toujours irrésolue.

Prisonniers du passage

 

Livre de Chowra Makaremi et Matthieu Parciboula

C’est dans la Zone d'Attente pour Personnes en Instance (ZAPI), un bâtiment qui ressemble aux autres constructions de tôle de l’aéroport de Roissy, que se jouent les destins et parfois même les vies de nombreux étrangers qui ont décidé de quitter leur pays pour vivre dans un monde meilleur : la France. Loin des yeux des voyageurs de passage qui fréquentent l’aéroport, c’est dans la ZAPI que sont retenus et enfermés, jusqu’à 26 jours, les réfugiés politique, réfugiés de guerre, réfugiés climatique, enfants venus rejoindre leurs parents, courageux qui cherchent à vivre une vie décente, courageuses qui voudraient vivre dans un monde plus juste. Kadiatou, Younes et Jana sont de ceux-là. Ils sont prisonniers du passage, à la merci du rouleau compresseur administratif d’une terre d’accueil pas toujours aussi accueillante qu’elle veut bien le laisser croire...

Mur Méditerranée

 

 Livre de Louis-Philippe Dalembert

À Sabratha, sur la côte libyenne, les surveillants font irruption dans l’entrepôt des femmes. Parmi celles qu’ils rudoient, Chochana, une Nigériane, et Semhar, une Érythréenne. Les deux se sont rencontrées là après des mois d’errance sur les routes du continent. Depuis qu’elles ont quitté leur terre natale, elles travaillent à réunir la somme qui pourra satisfaire l’avidité des passeurs. Ce soir, elles embarquent enfin pour la traversée.
Un peu plus tôt, à Tripoli, des familles syriennes, habillées avec élégance, se sont installées dans des minibus climatisés. Quatre semaines déjà que Dima, son mari et leurs deux fillettes attendaient d’appareiller pour Lampedusa. Ce 16 juillet 2014, c’est le grand départ.
Ces femmes aux trajectoires si différentes – Dima la bourgeoise voyage sur le pont, Chochana et Semhar dans la cale – ont toutes trois franchi le point de non-retour et se retrouvent à bord du chalutier unies dans le même espoir d’une nouvelle vie en Europe.
Dans son village de la communauté juive ibo, Chochana se rêvait avocate avant que la sécheresse ne la contraigne à l’exode ; enrôlée, comme tous les jeunes Érythréens, pour un service national dont la durée dépend du bon vouloir du dictateur, Semhar a déserté ; quant à Dima, terrée dans les caves de sa ville d’Alep en guerre, elle a vite compris que la douceur et l’aisance de son existence passée étaient perdues à jamais.
Sur le rafiot de fortune, l’énergie et le tempérament des trois protagonistes – que l’écrivain campe avec humour et une manifeste empathie – leur seront un indispensable viatique au cours d’une navigation apocalyptique.
S’inspirant de la tragédie d’un bateau de clandestins sauvé par le pétrolier danois Torm Lotte pendant l’été 2014, Louis-Philippe Dalembert, à travers trois magnifiques portraits de femmes, nous confronte de manière frappante à l’humaine condition, dans une ample fresque de la migration et de l’exil.