Articles Chroniques Recensions

A la recherche d'Antoine d'Agata

 

Recension par Arnaud Genon : livre "Le Geste d'Agata"

Depuis une dizaine d’années, Christine Delory-Momberger suit l’œuvre saisissante du photographe et vidéaste Antoine d’Agata. Après avoir publié avec lui, en 2008, un livre d’entretiens, Le désir du monde(1), elle se propose dans la présente analyse de « saisir et de restituer par l’écriture le geste créateur d’Antoine d’Agata dans toute sa radicalité et l’ampleur de sa dimension humaine, critique et politique ».
Le travail de d’Agata est une expérience, une quête tendue, dans un même mouvement, vers soi et vers l’autre, vers les autres, ces femmes qu’il rencontre – les prostituées, les criminelles, les droguées, les « rescapées » – et qui constituent autant de miroirs lui renvoyant l’image du monde qu’il tente de saisir. Son art, on le sait désormais, est des plus dérangeants puisqu’il explore les marges, les failles, l’infamie. Mais selon ses propres mots, « n’est valide qu’un art nuisible, subversif, asocial, athéiste, érotique et immoral, antidote à l’infection spectaculaire qui neutralise les esprits et distille la mort. »
La photographie que nous donne à lire l’artiste est ...

Contre l'utilisation frauduleuse de la laïcité

 

Une note de lecture de Alain POLICAR, parue le 20/02/2017 dans "NONFICTION.fr"

"Sans que nous n’y prêtions une suffisante attention, ces deux dernières décennies, le plus souvent à partir de la question du voile islamique, la laïcité est devenue en France un marqueur identitaire, une religion civile hostile à l’expression de l’appartenance religieuse dans la sphère publique. La neutralité de l’État, qu’instaure la loi de séparation de 1905, d’obligation pour les pouvoirs publics s’est transformée en contrainte pour les individus. La France, longtemps incarnation idéaltypique de l’universalisme des droits de l’homme, exprime désormais un inquiétant malaise devant l’altérité que les oripeaux « républicains » ne parviennent plus à dissimuler. On assiste ainsi à ce que Jean-Marc Ferry a suggestivement nommé la « disjonction de l’universel et du commun »1 opérée par un « républicanisme de combat » (lequel confond sacralisation de la nation et amour de la République), qui invoque la laïcité comme un rempart contre le fondamentalisme alors qu’elle est avant tout l’expression d’une crispation francocentrée. Il est consternant que des idéologies d’exclusion profondément anti-républicaines témoignant de l’intolérance à la diversité visible, se réclament sans vergogne de la République, alors qu’au fond elles représentent une forme singulière de communautarisme.

La situation est d’autant plus préoccupante que cette laïcité identitaire est, avec des nuances, ..."

Extrait de la conclusion des actes de la 4è conférence anniversaire de la FDEEH

 

Cette rencontre de la FDEEH (Fédération Étudiante pour une Dynamique Études et Emploi avec un Handicap) s'est tenue le 21 mars 2014, dans le cadre des Rencontres Universités-Entreprises, Palais des Congrès de Paris.

Eve GARDIEN, Sociologue, Maitre de conférences à l’Université de Rennes 2, Spécialiste des mouvements de pairémulation, de l’accompagnement par les pairs et de l’empowerment
Je constate qu’il n’a pas été prévu de me poser des questions. Or, ce format rend pourtant les choses beaucoup plus dynamiques tandis que les discours universitaires le sont rarement. Je vais donc m’auto-poser des questions !
Pourquoi ai-je rencontré la FÉDÉEH ?
Tout a été initié par une enquête sociologique. J’étudie actuellement les pratiques de pairémulation ou de pair-accompagnement en France, dans le champ du handicap. C’est dans le cadre de cette enquête que j’ai entendu parler à plusieurs reprises de la FÉDÉEH. J’ai donc envoyé un mail pour solliciter une rencontre et Marc SPRUNCK m’a répondu. J’ai ainsi pu interviewer des représentants de la FÉDÉEH et j’ai été aimablement invitée à participer à la rencontre nationale de février 2014.

SamSam: le guide en ligne pour aider les réfugiés

 

Article par Fabien Leboucq Publié le 21-12-2016 Modifié le 21-12-2016 à 20:21

SamSam cherche à orienter les réfugiés dans la société française. REUTERS/Pascal Rossignol

L'association France Terre d’Asile a lancé lundi 19 décembre un guide en ligne, bientôt décliné sous forme d’application mobile, à destination des réfugiés. Construit sur le mode collaboratif, SamSam est enrichi par des bénévoles ou par les réfugiés eux-mêmes, qui recensent les bonnes adresses et les informations importantes pour faciliter l’arrivée et l’intégration des migrants.

Comment se rendre à Paris ? Où se trouve le centre d’hébergement le plus proche ? Comment traduire « socks » [chausettes] en français ? Qu’est-ce qu’un citoyen ? C’est pour répondre à ces questions, et à bien d’autres, que l’association France Terre d’Asile a lancé SamSam, un guide participatif en ligne que chacun peut compléter.

« Pour que cela marche, il faut que les travailleurs sociaux et les bénévoles s’en emparent », explique Pierre Henry, directeur général de France Terre d’Asile. Comprendre : qu’ils contribuent eux aussi à enrichir la plateforme afin que le plus grand nombre d’informations soient accessibles aux réfugiés qui souhaitent s’intégrer en France.

Le projet de France Terre d’Asile est né il y a un an, sous les auspices de l’Assemblée nationale, auprès de laquelle l’association a obtenu 30 000 dollars pour développer SamSam. Pour l’instant, les contenus de la plateforme, en français et en anglais, concernent surtout Paris, mais Pierre Henry a bon espoir que des « samsameurs » participent sur tout le territoire. Depuis le lancement le 19 décembre, un webmaster est dédié à la gestion de la communauté et à la modération des contenus qu’elle propose, sur Facebook ou sur Twitter - pour l'heure, on ne compte qu'une trentaine de « likes » et de « follows ». France Terre d'Asile dressera un premier bilan de son application avec ses utilisateurs d'ici à trois semaines.

Un risque de surexposition ?

« Malgré les bonnes intentions qu’il y a derrière, parfois ces applications sont à double tranchants », prévient Jérôme Valluy, enseignant-chercheur à Paris I dans le domaine des mobilisations sociales relatives à l’accueil des réfugiés. « Ces applications peuvent pénaliser les publics qu’elles cherchent à aider. Par exemple, en donnant des renseignements sur leur position à des personnes mal intentionnées, ou aux forces de l’ordre, qui ont parfois pour ordre de les expulser. »

« Tout se fait dans le respect du droit, des lois, et il n’y a aucune espèce de raison de ne pas faire un recensement » des différentes initiatives d’aide aux réfugiés, rétorque Pierre Henry. Selon le directeur général de France Terre d’Asile, les informations et les services auxquels SamSam permet d'accéder sont déjà tous disponibles pour le public. L’application est juste là pour faciliter les recherches et ouvrir des portes. C’est d’ailleurs de là que vient le nom de l’initiative : en arabe, « samsam » signifie « sésame ».

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Source TerraHN : http://www.rfi.fr/france/20161221-samsam-guide-collaboratif-application-aide-refugies-france-terre-asile

Il n'y a pas d'identité culturelle

 

Entretien avec François Jullien au 16è Université d'automne du SNUipp (octobre 016)

"Il n'y a pas d'identité culturelle", tel est le titre du dernier essai du philosophe François Jullien. Sinologue et héléniste, il s'insurge contre les thèmes qui se sont imposés dans l'espace public en France et qui semblent devoir dominer la future campagne présidentielle, ceux de l'identité identitaire et de l'identité culturelle.

 

[fiche du livre]

«Notre belle Alexis Arquette était prête à prendre son envol»

 

Dans LIBERATION du 28 octobre 2016

L’actrice Rosanna Arquette raconte dans ce texte les derniers instants de son «petit frère-sœur» transsexuelle, décédée du sida le 11 septembre, et l’amour qui soude cette famille hollywoodienne.

Recension du livre "Jane Evelyn Atwood (par) Christine Delory-Momberger"

 

Recension du livre "Jane Evelyn Atwood (par) Christine Delory-Momberger" par Annabelle Gasquez, journaliste en freelance pour des magazines culturels (web et papier)

"... Dans sa vie personnelle et professionnelle, la photographe s’est constamment battue. Ses démons passés, son combat avec l’alcoolémie, ses face-à-face avec elle-même et sa propre mortalité… Voilà ce qui peuple ses tirages. Elle conte parfois les souvenirs de son père violent et alcoolique, son affection pour lui, la relation qui la liait à sa mère et son manque cruel d’amour maternel. Toutes les scènes terribles qui ont pu marquer son enfance, et plus tard, son avortement clandestin… Une existence où lutte et réel se mêlent sans pouvoir se défaire l’un de l’autre..."

Fatima moins bien notée que Marianne

 

Un texte de François Durpaire et Béatrice Mabilon-Monfils, auteurs du livre "Fatima moins bien notée que Marianne".

Notre enquête sur l’islam et l’école – Fatima moins bien notée que Marianne (sortie le 7 janvier dernier) – part des interrogations qui ont fait suite, il y a un an, aux attentats contre Charlie Hebdo. Les deux cents incidents dans les établissements scolaires autour de la minute de silence, le fait que les jeunes concernés par la radicalisation soient issus de notre système éducatif, ont été commentés à l’époque.

Notre ouvrage met à jour  racisme institutionnel  et éducation séparée par toute une série de travaux de sciences sociales portant sur l’évaluation, la sanction, la ségrégation en lien avec des critères ethniques. Il faut travailler à ouvrir ces questions dans le champ scientifique comme dans le champ social. L'École n'est pas un sanctuaire. Elle doit pouvoir être interrogée. L'École l'a fait pour le genre. Elle a montré qu'elle peut s'améliorer. Il faut le faire par rapport à l'islam même si c'est beaucoup plus sensible et particulièrement dans le contexte actuel. Si on ne se pose pas ces questions, on s'interdit toute amélioration. Il ne s'agit pas d'un procès contre l'École mais de dire qu'il faut travailler sur cette question et se donner la possibilité de créer une école plus inclusive. On est dans une démarche constructive....

Gilles Kepel hanté par l’islamisation de la France

 

Un article de Vincent Geisser, paru dans ORIENT XXI (15 janvier 2016), à propos du dernier livre de Gilles Keppel "Terreur dans l’Hexagone. Genèse du djihad français"

C'est quoi un salon du livre ?

 

A l’espace des Blancs Manteaux, s’est tenu le week-end des 9, 10 et 11 octobre 2015, le Salon de la revue.

Un article de Maryse Emel paru dans NONFICTION.fr

 (http://www.nonfiction.fr/article-7828-cest_quoi_un_salon_de_la_revue.htm)

"Tous les ans se retrouvent à Paris, les éditeurs de revues-papier qui se maintiennent même si Internet gagne du terrain et qu’elles disposent de sites. Philosophie, littérature, ethnologie, sociologie, la liste est grande des revues présentes. Vendredi 9 octobre à 19h tout a commencé. Heureux de se retrouver chacun discute, expose ses derniers numéros ou parfois la collection intégrale. Ce qui est frappant c’est la jeunesse de certaines équipes portées par le désir de résister même si elles ne gagnent rien et que souvent leur travail se ramène à du bénévolat. Il s’agit de proposer à toutes les revues une réelle visibilité, tant il leur est devenu difficile d’occuper un tel espace dans les librairies. Quand elles ont l’opportunité d’y être, c’est souvent dans des recoins où elles retournent dans l’ombre soulignera un des organisateurs de l’événement."....

Troubles dans les classes populaires

 

Article de Christelle Avril , le 7 mai 2015, à propos de livre "Des femmes respectables. Classe et genre en milieu populaire"

[voir fiche du livre]

Le livre de Beverley Skeggs récemment traduit par les éditions Agone est plutôt « décoiffant » vu depuis la sociologie française des classes populaires (plus souvent focalisée sur les ouvriers s’agissant des jeunes et sur l’espace domestique s’agissant des femmes). Les jeunes des milieux populaires sont ici des femmes, des femmes qui ne sont ni des mères, ni des épouses et qui vivent dans une région du nord-ouest de l’Angleterre où le taux d’emploi féminin est traditionnellement fort. Ce livre met ainsi en lumière l’entre-soi des jeunes femmes de milieux populaires, observé au lycée, dans les sorties au pub ou en boîte de nuit. Bien que l’enquête ait été menée au cours des années 1980-1990, ce livre est également d’une actualité saisissante : ces jeunes femmes sont alors déjà massivement encouragées à faire valoir leur supposé dévouement aux autres (caring) sur le marché du travail et à s’investir dans les emplois de la prise en charge de l’enfance et de la vieillesse....

Franco Ferrarotti, à propos du livre "Le Désir du Monde"

 

Recension dans la revue La Critica sociologica, n° 187, 2013
Antoine D’Agata e Christine Delory-Momberger, Le désir du monde, Paris, Téraèdre, 2013, 145 p.

"In questo svelto libretto, il fotografo-scrittore viene interrogato da Christine Delory-Momberger, docente dell’università di Parigi-XIII e direttrice della geniale rivista interdisciplinare Le sujet dans la cité. A parte il ruolo e il gusto di «fotografo maledetto», qui non si tratta solo di sex, drugs and nights secondo una stanca oleografia di maniera. Le interviste risultano singolarmente approfondite e mordono nella vita dell’uomo passando attraverso una molteplicità di temi, dalla frustrazione
creativa alla paura, alla carne alle menzogne e al piacere, che riassumono, pur senza esaurirlo, il senso della sua presenza nel mondo e in particolare lo spasimo del desiderio. Interviste, dunque, in ..."

L'installation - L’expérience d’Agata

 

Fannie Escoulen et Christine Delory-Momberger à propos du livre ACTES - Antoine d'Agata, une présence politique

Montrer autrement l’oeuvre d’Antoine d’Agata. L’installer et non pas l’exposer. Que cette installation parle frontalement de sa dimension politique, qu’elle crie la lucidité de l’artiste sur ce monde qu’il ne cesse d’explorer, de toucher, de fouiller dans un corps à corps sans compromis. Qu’elle parle de son humanité. Qu’elle révèle combien son intimité est aussi une affaire politique. Que cet espace devienne celui des regardeurs. Qu’ils entrent dans la matière. Qu’ils se laissent submerger par les images. Qu’ils se lient à ce qu’ils voient. Qu’ils lisent les mots d’Antoine d’Agata, lettres noires sur fond rouge, tracts grand format, posés à même le sol. Qu’ils entendent les voix des femmes. Qu’ils se fassent violence. Éprouvés dans leur corps et dans leur âme.

Mais il faut faire face à l’ampleur d’une œuvre telle que celle de d’Agata. Une œuvre, bien au delà d’un travail. Une vie même...

Les dimensions socioculturelles de l'échec de la migration ...

Titre complet : Les dimensions socioculturelles de l'échec de la migration : cas des expulsés maliens de France"

Résumés en Français et Anglais de la thèse de Mamoutou TOUNKARA.

Thèse soutenue le 01-02-2013 à Paris Est , dans le cadre de  École doctorale Cultures et Sociétés (Créteil) , en partenariat avec  Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur les transformations des pratiques éducatives et des pratiques sociales (LIRTES -Creteil).

Le Regard - Retour d'un sociologue sur le terrain des phériphéries romaines

Exposition lors du VIè CIPA (VI Congresso Internacional de Pesquisa (Auto)Biográfica) au Brésil en novembre 2014

 

Texte de Franco Ferrarotti :

Je ne suis pas homme à revenir volontiers sur mes pas. Pour moi il est difficile, presque impossible de porter le regard en arrière, de considérer ce que j’étais, ce que j’ai fait. Il se peut que je me sente encore trop jeune pour un examen de conscience ou, plus simplement, pour une évaluation paisible du passé. Par tempérament, je regarde toujours en avant. Instinctivement, je pense que la recherche du temps perdu est une façon de perdre celui que nous vivons et qui nous reste à vivre. 

Alors, quand les amis français et brésiliens ont proposé une exposition à Rio de Janeiro de mes photographies d’il y a quarante cinquante ans, quand les amis italiens, ici à Rome, ont tout fait pour accompagner la réalisation et le commentaire de cette exposition, j’ai éprouvé des sentiments mêlés. De joie et de gratitude certainement pour la reconnaissance accordée à cette partie peu connue de mon travail. Mais aussi d’embarras et de perplexité. Ces photographies d’un presque autrefois, qu’avaient-elles à me dire, à moi qui les retrouvais et m’y retrouvais peut-être, « à distance » ? Et surtout que pouvaient-elle dire à ceux qui les découvriraient, qui les regarderaient pour la première fois ?

Eh bien, ceci justement : que le monde a changé, que les hommes ont changé. Et plus précisément que la ville, qui est le monde moderne des hommes, et que les hommes dans la ville ont changé. Le malaise ou le mal-être que j’éprouve devant les photographies des périphéries de jadis n’est pas une question de nostalgie ou ...

Franco Ferrarotti, flâneur planétaire

Texte de Christine Delory-Momberger, commissaire de l'exposition sur l'oeuvre photographique de Franco Ferrarotti, Rio de Janeiro, novembre 2014.

Regarder. Voir. Franco Ferrarotti regarde. Et il voit. Il est là. Présent. Dans la vie, avant tout dans la vie. Avec acuité, intelligence, justesse, sensibilité. De par le monde aussi, au cours des nombreux voyages qu’il effectue durant une vingtaine d’années, dans un esprit de vagabondage qu’il revendique. Il se dit flâneur planétaire : États-Unis, Amérique latine, Europe. Sur les terrains qu’il explore en tant que sociologue, averti de la condition humaine, dans les quartiers périphériques de Rome à grandes précarités sociales et économiques : Aqueduc Felice, San Policarpo, Borghetto Alessandrina. Il y va, d’abord dans les années 1960, et puis y reviendra, en 2005-2006. Un flâneur planétaire qui s’en remet à l’intuition et au hasard de ses pas, qui va et vient, qui rencontre, des gens, des lieux, des espaces, des mondes. Qui regarde, qui voit.

Franco Ferrarotti est sociologue, écrivain. Il a occupé la première chaire de sociologie créée en Italie en 1961 à La Sapienza de Rome. Fondateur et directeur de la revue La critica sociologica, il est l’auteur de plus de soixante ouvrages (sociologie, politique, poésie, œuvres autobiographiques). Son livre Histoire et histoires de vie. La méthode biographique dans les sciences sociales  est devenu une référence pour la recherche biographique.       

Et il est photographe. Il s’agit pour lui d’aller au-delà de l’observation sociologique et de rendre la matière de ce qu’il vit, ressent face à l’humain, pense aussi. Il ne fait pas de la photographie documentaire, il entre dans une relation avec les personnes, les lieux. Son appareil argentique lui demande le temps qu’il faut pour le cadrage, les réglages de la lumière, son objectif fixe l’oblige à une évaluation précise de la bonne distance. Celle qu’il faut à ce moment-là dans cet endroit-là. Il prépare son regard, il est là. Il se fait voir, il est vu. Dans nombre de ses photographies, un regard rejoint le sien...

 

Présentation par Dominique Jaillon de Actuels 3

Présentation par Dominique Jaillon de Actuels 3 "Du coaching à l’Accompagnement Professionnel Personnalisé"  à l’Espace éditorial du sujet dans la Cité aux éditions L’Harmattan 8 octobre 2014

Le livre dont nous fêtons la ré-édition ce soir s’inscrit dans le champ du coaching en France. Il y occupe une place spécifique car il ouvre une voie : en prenant la métaphore du champ, on peut dire qu’il trace un sillon.

Il a une longue « histoire de vie » !

Il est situé à l’articulation de deux activités professionnelles associées à mon activité universitaire d’enseignant dans une école d’ingénieurs :

-  l’analyse des pratiques professionnelles 

( en 1975/76 je crée les premiers groupes d’APP dans le secteur sanitaire et social, puis, dans la foulée, le Centre d’Analyse des Pratiques Professionnelles en 1984 (30 ans déjà !)

- et l’intervention socianalytique dans les organisations que nous pratiquons à cette époque dans les organisations et les entreprises. Nous, c’est trois sociologues et une psychologue.

Ce livre, résulte donc d’une série de va-et-vient, (aller retours) entre le terrain professionnel  et la réflexion théorique menée depuis plusieurs décennies, avec d’autres psycho-sociologues professionnels de l’accompagnement du changement dans les entreprises....

Critique de la raison nègre

Recension de Michel Agier sur le livre d'Achille Mbembe "Critique de la raison nègre"

 

En puisant dans l’histoire ainsi que dans l’inconscient littéraire, Mbembe identifie trois contextes de fabrication de l’identité nègre : l’esclavage, la colonisation et l’apartheid. Il déconstruit ainsi le discours qui a entraîné, tout autant que masqué, les douleurs de la violence raciale....

Apprentissages en situation touristique

Recension de Christian Verrier sur le livre dirigé par Gille Brougère et Giulia Fabbiano

 

L’introduction du livre annonce dans le détail des articles qui envisagent d’articuler la question de l’apprendre à celle de la mobilité – cette sorte de leitmotiv contemporain - et plus précisément du tourisme, en s’intéressant particulièrement aux apprentissages dits informels qui peuvent s’y produire.

Organisé en trois parties (Tourisme social et projets éducatifs ; Expériences et cadres d’apprentissage ; Tourisme et trajectoires personnelles), l’ouvrage suscite l’attention, ne serait-ce que du fait que le tourisme et ses effets d’apprentissage ne sont que très peu abordés en sciences de l’éducation. A lui seul, ce point doit encourager à la lecture du livre, même si on peut noter tout de même quelques publications, encore assez récentes, d’auteurs relevant des sciences de l’éducation, abordant la thématique éducation/voyage (par exemple Le journal des Psychologues de juin 2010 présentait un dossier « Voyager pour quoi faire » évoquant le voyage sous l’angle éducatif, avec des développements concernant l’interculturel, la connaissance de soi, l’autoformation, l’expérience intérieure, autant de thématiques incorporant nombre d’apprentissages informels)..

Stéphane Hessel est décédé le 27 février 2013

C’était un homme lumineux.

Ce fut un homme lumineux jusqu’au bout. Il y a trois semaines, il m’a appelé pour que je vienne le voir. Il était dans son lit. Son corps était usé mais son visage était toujours aussi souriant. Il savait que la mort pouvait advenir d’un jour à l’autre (cela fait plusieurs mois qu’il nous parlait de sa mort possible) mais comme Václav Havel qu’il aimait beaucoup, il voulait jusqu’au bout « contempler le miracle de l’être. » ...

(texte de Pierre Larrouturou)

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