Articles Chroniques Recensions

Apprentissages en situation touristique

Recension de Christian Verrier sur le livre dirigé par Gille Brougère et Giulia Fabbiano

 

L’introduction du livre annonce dans le détail des articles qui envisagent d’articuler la question de l’apprendre à celle de la mobilité – cette sorte de leitmotiv contemporain - et plus précisément du tourisme, en s’intéressant particulièrement aux apprentissages dits informels qui peuvent s’y produire.

Organisé en trois parties (Tourisme social et projets éducatifs ; Expériences et cadres d’apprentissage ; Tourisme et trajectoires personnelles), l’ouvrage suscite l’attention, ne serait-ce que du fait que le tourisme et ses effets d’apprentissage ne sont que très peu abordés en sciences de l’éducation. A lui seul, ce point doit encourager à la lecture du livre, même si on peut noter tout de même quelques publications, encore assez récentes, d’auteurs relevant des sciences de l’éducation, abordant la thématique éducation/voyage (par exemple Le journal des Psychologues de juin 2010 présentait un dossier « Voyager pour quoi faire » évoquant le voyage sous l’angle éducatif, avec des développements concernant l’interculturel, la connaissance de soi, l’autoformation, l’expérience intérieure, autant de thématiques incorporant nombre d’apprentissages informels)..

Stéphane Hessel est décédé le 27 février 2013

C’était un homme lumineux.

Ce fut un homme lumineux jusqu’au bout. Il y a trois semaines, il m’a appelé pour que je vienne le voir. Il était dans son lit. Son corps était usé mais son visage était toujours aussi souriant. Il savait que la mort pouvait advenir d’un jour à l’autre (cela fait plusieurs mois qu’il nous parlait de sa mort possible) mais comme Václav Havel qu’il aimait beaucoup, il voulait jusqu’au bout « contempler le miracle de l’être. » ...

(texte de Pierre Larrouturou)

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Refonder la politique de la ville autour de l'empowerment

Un article extrait du site de Laurent MUCCHIELLI

 

Depuis le milieu des années 1970, la politique de la ville repose sur trois piliers fondamentaux : la "réhabilitation" du bâti, les politiques dites de "discrimination positive" et la "participation des habitants". Depuis la loi Borloo du 1er août 2003, du point de vue budgétaire la politique de la ville se réduit quasiment au premier point, avec un bilan mitigé (voir un article de A. Villechaise et T. Oblet). Du coup, la politique de discrimination positive (qui vise à réduire les écarts entre les territoires) tient dans quelques dispositifs aussi spectaculaires que rares faute de budget. Reste le troisième axe. Mais depuis 35 ans cette fameuse "participation" des habitants est le point noir de la politique de la ville. A l'évidence, le système politique français et l'administration ont le plus grand mal à concevoir la signification de ce que l'on appelle outre-Atlantique l'empowerment (voir le livre de J. Donzelot, C. Mevel et A. Wyvekens), à en accepter et en mettre en oeuvre le principe et les moyens. Aider les habitants à prendre davantage en main leur destin signifie en effet leur donner davantage de pouvoir, cesser de penser à leur place et de se servir de l'épouvantail du "communautarisme" pour discréditer toutes celles de leurs initiatives et de leurs revendications qui ne rentrent pas dans le moule du politiquement correct.

Quelques jours avant l'émeute de Grenoble, un collectif inédit (baptisé "Fonda") s'était constitué pour réclamer qu'enfin on se tourne vers les ressources des quartiers et de leurs habitants pour concevoir et mettre en oeuvre les politiques de la ville. Il y avait là le Comité national de liaison des régies de quartier, la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France, l’Association des directeurs de plans locaux pour l’insertion et l’emploi, l’Inter-réseau des professionnels du développement social urbain et le Comité national de liaison des associations de prévention spécialisée. Leur démarche est la bonne.

Elle pourrait inspirer un changement très profond dans la gouvernance des quartiers pauvres en France.

CouloirS d'exil

Un article de Michel AGIER sur le site metropolitiques.eu

 

La topographie des réfugiés dans le monde et en Europe révèle des « couloirs d’exil » qui redessinent les frontières aux moyens de camps de natures diverses. Michel Agier décrit la recherche paradoxale d’une construction de la ville dans les contraintes de « l’encampement » imposé par une gouvernance technique et humanitaire internationale.Un couloir d’exil dessine la topographie des étrangers dans le monde et en Europe. J’en présente ici quelques éléments, du point de vue des politiques européennes de contrôle des migrations, du dispositif de l’encampement dans le monde, de la formation d’un nouveau monde à la frontière, celui des « étrangers », comme contexte social, politique, éventuellement urbain ...

Corridors of exile : A worldwide web of camps

Un article de Michel AGIER sur le site metropolitiques.eu

 

The topography of migrants in the world at large and in Europe in particular forms a network of what I call “corridors of exile”. In the following, I focus on a few aspects thereof: viz. European migration control policies; the worldwide web of camps for refugees, illegal immigrants and internally displaced persons; and the formation of a new world on the borders, a social, political and increasingly urban world of “outsiders” or “aliens”. ...

Comment justifier les droits de l'homme ?

Un article de Denis HIPPERT paru sur le site "La vie des idées.fr"

 

La Déclaration universelle des droits de l’homme du 18 décembre 1948 (DUDH), soulève des questions essentielles sur la justice et le bien commun. Depuisson adoption par les Nations Unies, les droits fondamentaux se sont progressivement imposés comme un prisme permettant de poser des jugements sur la vertu morale d’une société, et de mesurer les conditions politiques, légales, et sociales de la vie des individus. Mais paradoxalement, près de soixante ans après leur promulgation, leur faible effectivité est toujours la règle. Il serait trop facile de n’y voir qu’un simple manque de désir politique. En réalité, derrière l’absence de médiations institutionnelles indispensables à leur application, une série de questions relatives à leur neutralité normative et à leur contextualisation restent non-résolues....

La décolonisation de l'être

Une interview d'Alice CHERKI. Psychiatre, spécialiste de Frantz FANON

Interview parue dans "EL WATAN" du 17 octobre 2011 

 

Vous êtes spécialiste de Frantz Fanon ; vous avez exercé à ses côtés alors que vous étiez jeune interne en psychiatrie à l’hôpital de Joinville, à Blida. Loin du mythe qu’il est devenu, nous aimerions avoir quelques détails sur l’homme qu’il était et aussi, bien sûr, le «psychiatre engagé» qu’il incarnait. Bref, comment était Frantz Fanon ?

Fanon avait 28 ans quand il est arrivé à Blida, en Algérie, comme médecin des hôpitaux psychiatriques. C’était un homme jeune, mais qui avait déjà traversé beaucoup d’épreuves. Il avait combattu dans les Forces françaises libres pendant la Deuxième Guerre mondiale, rencontré le racisme à cause de la couleur de sa peau. Il avait fait des études de psychiatrie notamment auprès de Tosquelles, militant antifranquiste...

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Zum Gedenken an Christa Wolf

Texte d'Alain LANCE
Akademie der Künste, Berlin, Hanseatenweg
13. Dezember 2011

 

Als ich am Morgen des 1. Dezember ins Auto stieg, spielte im Radio der Bolero von Ravel. Auf dieselbe Musik tanzte Arila Siegert zur Feier von Christas achtzigstem Geburtstag hier in der Akademie. Die Wiederholung des Ostinatos begleitete meine düstere Vorahnung.

Andere, hellere Bilder kommen mir in den Sinn, wenn ich an die Treffen mit Christa und Gerhard denke, angefangen beim ersten Mal in Paris 1971, als ich ein Essen mit Meeresfrüchten servierte, für Wolfs eine Entdeckung und ein Genuss.


Die frühen Werke waren schon auf Französisch erschienen, als Renate und ich Anfang der achtziger Jahre Kein Ort. Nirgends und Kassandra übersetzten. Ich hatte damals einen sonderbaren Traum: Christa hielt unsere Cassandre in der Hand und sagte mit einem verschmitzten Lächeln: „Das ist eine gute Übersetzung, meine Lieben, ich habe sie ins Deutsche zurückübersetzen lassen, um es nachzuprüfen.“ ...

10 th International IPTN conference - november 2011

This issue of Interplay celebrates, documents and reflects on the 10th International IPTN conference—Social Dialogue in a World of Upheaval—that took place in Frankfurt am Main in November 2011.


Leading the Issue is the paper presented by principle conference moderator and leading German playback scholar Heinrich Dauber that focuses on the tensions between giving and receiving in Playback, values echoed in the ethical stance of the critically thoughtful words from Jo Salas‘ conference letter that are also reproduced inside.
Over 400 people from 33 countries attended the conference that was housed across three venues centred around the River Main in central Frankfurt. Such a large-scale event demanded excellence in organization and hosting and received significant support from the greater Frankfurt area, the state of Hesse and the large German Speaking Playback community. This issue of Interplay and the IPTN community internationally wish to thank and congratulate the committee, led with such strong vision and competence by Marlies Arping. Inside you will find short reflections by Marlies and other committee members including Daniel Feldhendler, Marianna Tobler, and also Janet Salas, recently relocated to New Zealand – who attended with such grace to the translation needs of the large multilingual delegation across the 4 days. Alongside these are reflections from many of those who attended including expressions in relation to homegroups, workshops, performances and the overall conference experience from Marc Rolland (France), Sabrina Francis and P Suresh Kumar (India), Elizabeth Couture (Canada), Hannah Fox (USA), Anastasya Vorobyova (Russia), Ivana Munca (Austria), Sarah Halley (USA), Markus Huhn (Germany), Hiroko Yanagawa (Japan) and Endel and Liis (Estonia). Other reflections are extended to include commentary including those of Susan Metz (USA), Fe Day (New Zealand), Jaap Oostra (The Netherlands) and Bev Hosking (New Zealand); while others again tell stories that capture key moments like those of Aman- da Brown (UK). Many simply aim to express gratitude like those of Olga Sanachina (Russia), Synne & Jan Platander (Norway) Veronica Nýdrlová (Czech Republic), Isnoel Yanes (Cuba) and Kayo Munakata (Japan).


The Special Conference section concludes with a comment by Jonathan Fox who addressed the plenary on the final day with a range of short reflective passages that were inspired by or in response to questions submitted by delegates, or indeed by his own conference experiences. Organisers and participants from Common Good, the post conference playback event in Assisi, Italy, report on their experiences. This issue also features IPTN Board business including the introduction of the new IPTN Board members, the announcement of incoming President Jeurgen Schoo and the recognition and farewell of out-going President Aviva Apel-Rosethal, and members Yas, Aniko and Markus.


The IPTN Board Report and Financial Report are also published. In the spirit of the conference this issue features pieces that grapple with notions of diversity, inclusion, aesthetics and evaluation. This dialogue will continue next issue. Submit your responses, comments and reflections.

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L'école de philosophie d'Epineuil-le-Fleuriel

Depuis septembre 2010, Bernard Stiegler propose un cours de philosophie ouvert à tous à Epineuil-le-Fleuriel. En 2010/2011 il a porté sur le Banquet de Platon et en 2011/2012 sur la République.
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Vous pouvez retrouver sur ce site les archives du cours : enregistrements vidéo du cours (années 2011-2012 : 8 séances puis 2010-2011 : 13 séances + 1 intercours )
 

L’inscription est gratuite et sans condition, toutefois nous recommandons aux personnes souhaitant rejoindre le cours visionner au moins en partie les séances précédentes sur ce site.
Cette année le cours est diffusé en direct et un Tchat permet aux personnes qui le souhaitent d’intervenir en fin de séance.
Un podcast permet l’accès aux MP3 du cours.
Nous créons une liste de diffusion et de discussion spécifique au cours de philosophie qui nous permettra de vous communiquer des informations pratiques (ex: report de cours), des éléments de bibliographie ou des documents préparatoires. Cette liste s’adresse autant aux personnes qui suivent le cours à Epineuil qu’à celles qui suivent le cours en ligne. Merci à toutes les personnes intéressées de se faire connaitre auprès de Parallèlement aux cours donnés à Epineuil, Bernard Stiegler assure un séminaire en visioconférence à destination d’une quinzaine d’étudiants d’universités de plusieurs pays.
Les enregistrements de ce séminaire sont publiés sur cette page : http://pharmakon.fr/wordpress/category/seminaire/

L’accès aux enregistrements nécessite un enregistrement préalable. Merci de nous contacter Le séminaire reprendra en février 2013. Les personnes souhaitant participer au séminaire en visioconférence doivent adresser une lettre de motivation et un CV avant le 31 janvier 2013 à caroline.stiegler@gmail.com

  1. La vidéo (été 2012)

Mineurs isolés étrangers

La Newsletter n° 8 et 9 e l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers

 

Les privations de liberté dont les enfants sont victimes - tant dans les zones d’attente que dans les centres de rétention administrative – sont autant d’atteintes à leurs droits fondamentaux. Elles relèvent des traitements inhumains ou dégradants proscrits par les conventions internationales garantissant les droits humains. Par son arrêt Popov, la Cour Européenne des droits de l’homme a condamné la France sur ce fondement. Elle relève que « la promiscuité, le stress, l’insécurité et l’environnement hostile que représentent [les centres de rétention] ont des conséquences néfastes sur les mineurs, en contradiction avec les principes internationaux de protection des enfants ». La Cour ajoute qu’une «période de quinze jours de rétention ...

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Ce que le langage nous fait penser

Entretien avec John A. Lucy, dans La Vie des idées, 8 octobre 2012

 

La Vie des idées : La relativité linguistique est une question en vogue, mais la notion recouvre des phénomènes très différents et peut faire l’objet de confusions. Faut-il admettre une ou plusieurs hypothèses sur la relativité linguistique ?

John A. Lucy : La proposition centrale est que les différences entre les langues influencent la pensée. Mais il existe des différences entre (1) les aspects de la langue considérés (2) l’étendue et le fonctionnement des différences, et (3) les aspects de la pensée qui sont affectés.

(1) D’un point de vue linguistique, on s’intéresse le plus souvent au lexique (par exemple aux termes de couleur) ou aux catégories grammaticales (comme les marques du pluriel) : autant d’aspects de la langue qui permettent d’encoder un ensemble de significations donné. Il arrive que les domaines lexicaux et grammaticaux soient rassemblés au sein d’une seule catégorie fonctionnelle (par exemple la catégorie spatiale, qui rassemble tout ce qui permet de faire référence à l’espace). Le langage est parfois conçu comme partie intégrante de notre culture, et les effets des différences entre les langues seront alors immédiatement perçus comme culturels (voir Gumperz & Levinson, ci-dessus), mais pour certains auteurs, les effets que produit un type de langue donné sont indépendants de la culture.

(2) Lorsqu’on parle de versions « fortes » ou « faibles » de l’hypothèse, cela revient souvent à refuser la proposition elle-même. Les auteurs disent qu’on ne dispose pas de preuves de la version « forte » (qui correspond le plus souvent à un fort déterminisme) et situent ....

 

  1. L'intégralité du texte (en Français)
  2. L'intégralité du texte (en Anglais)

La transidentité : de l'espace médiatique à l'espace public

Une chronique de Maud-Yeuse THOMAS (fondatrice de l’association Sans Contrefaçon)
à propos du livre de Karine ESPINEIRA

 

Lorsque l’on aborde le sujet du transsexualisme en général et le livre de Karine Espineira en particulier, l’on a en tête deux questions essentielles. Qu’est-ce qu’un homme ou une femme confrontée à cette expérience d’un devenir-autre ? Comment la télévision, qui est le terrain sur lequel se place l’ouvrage, rend-elle compte de cette expérience, que nous en montre-t-elle ? Pour l’essentiel, répond l’auteure, cette forme de loisir-spectacle auquel le media télévisuel nous a désormais habitués.

La définition qui accompagne l’entrée du transsexualisme dans le nouvel index de l’Occident, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), est éclairante quant à nos conceptions et croyances collectives : Il s’agit d’un désir de vivre et d’être accepté en tant que personne appartenant au sexe opposé. Selon cette définition, l’opposition générique est constitutive de la place de l’individu, laquelle détermine la reconnaissance mutuelle et l’identité vécue et reconnue des hommes et des femmes. C’est ainsi l’appartenance au sexe social qui détermine la forme dans laquelle la personne peut et doit se construire. Cette forme, garante d’une capacité à être accepté en tant que personne, est indiquée dans l’expression de sexe opposé. Cet implicite culturel recouvre tous les champs de la vie ordinaire, du vêtement, du comportement, des manières d’être, etc. Plus encore, elle  recouvre tout l’espace de la « sensibilité », c’est-à-dire de la subjectivité....

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Autour du livre "Jacques Ardoino. Pédagogie au fil du temps"

Un compte rendu par Laurence NOËL,
étudiante en M1 IED Paris 8
"Rendez-vous en librairie" autour du livre de Christian VERRIER

 

Il est des moments d’ouverture, des moments où l’uniforme prend forme, des moments de partage et de convivialité qui permettent de retrouver une part d’énergie. La rencontre organisée à la librairie Textures est l’un de ceux-là. Saluons l’initiatrice et l’organisatrice, Christine Delory-Momberger, qui a l’art de rallier les uns et les autres dans des espaces conviviaux, animés d’esprits curieux et bienveillants.

J’ai apprécié la proximité, l’émotion, le sensible qui se sont dégagés du trio formé par Christian Verrier et René Barbier entourant Jacques Ardoino, avec pour objet rassembleur l’ouvrage à trois voix écrit autour de la vie et de l’œuvre de ce dernier. L’idée en a pris forme, nous confiera Christian Verrier, lors d’une rencontre informelle entre amis.

 Prenant le premier la parole, René Barbier  parle de « gratitude », en référence à André Comte-Sponville « à l’égard de celui qui a contribué à faire ce que l’on est ». Il explique que la rencontre de Jacques Ardoino, qu’il connaît depuis 1970, l’a fait « dériver de la sociologie vers les sciences de l’éducation » et que celui-ci est toujours très présent dans ses recherches.  Pour qualifier leur relation, il parle d’une « amitié conflictuelle et créatrice »...

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Bombay, rivage des possibles

Une chronique de Christian VERRIER
à propos du livre d' Aymard de MENGIN et Lise POIRIER COURBET, avec Monica SALOM
Editions Syllepse, 2010

 

L’ouvrage de Aymar de Mengin et Lise Poirier Courbet nous transporte en Inde pour quelques jours, lors du Forum social mondial de 2004. Il nous fait traverser un peu de l’Inde via surtout Bombay, nous donne à connaître de l’intérieur la mise en place et l’organisation d’un tel Forum social, tout en nous faisant entrer progressivement dans le vécu de plusieurs acteurs de ce rassemblement, qui tiennent leur journal ou  carnet de voyage. Ces sept acteurs, de nationalités différentes (ils viennent d’Inde, de France, de Colombie), s’y rendent pour une même raison, assister et participer au forum avec en ligne d’horizon « un autre monde possible » mais, aussi, pour chacun d’eux, avec des motivations sous-jacentes particulières, dans lesquelles nous font entrer ces différents journaux.  

Bien que fictifs, ces personnages n’en sont pas moins le résultat d’une enquête effectuée par les auteurs auprès de militants rencontrés, en partant de leur vie...

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La traversée inconnue - adénocarcinome -

Une chronique de Catherine LEHOUX  (Laboratoire EXPERICE Paris 13/Nord-Paris)
à propos du livre d'Estelle LAGARDE, "La Traversée imprévue. Adénocarcinome"
(
La Cause des Livres, 2010)

Estelle Lagarde a eu un cancer du sein à l'âge de trente-quatre ans. Elle s'est armée de sa plume et de son appareil photo pour faire face à la maladie. Son ouvrage est un journal intime à deux volets, le volet écriture et le volet photographie. Les textes sont courts et efficaces, l'écriture est fluide et les photos sont  graves et, pour certaines, mystérieuses. Un instant elle se fait plume sur la page de gauche et dans un autre instant elle se fait photographe sur la page de droite. Qui du texte ou de la photo est le plus explicite ? Le texte complète la photographie et vice-versa. Cette façon de mettre en scène sa maladie évite au lecteur bien des a priori et déconstruit moult préjugés. Estelle dédramatise et sensibilise, elle nous propose une lecture « nécessaire » et éducative à bien des niveaux. Elle ne « veut ni mentir, ni dramatiser, ni idéaliser. Simplement être juste » (p. 22)....

 

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Ecole et Démocratie

Une chronique d'Anne DIZERBO (Laboratoire EXPERICE Paris 13/Nord-Paris 8) 
à propos du livre de Daniel BLOCH

 

Dans ce dernier ouvrage, Daniel Bloch, mettant en lumière sur fond de statistiques les déficits du système scolaire français, propose une analyse comparative des causes des ces déficits et fait des propositions en vue de l’améliorer.
Etabli à partir de plusieurs études internationales menées notamment dans le cadre du programme de l’OCDE et du programme PISA, l’état des lieux auquel il se livre montre que le système éducatif français est en échec dans sa mission de dispenser une formation démocratique qui permette à tous l’accès à l’ascension sociale et économique.
Parmi les pays du G11, la France fait partie avec les Etats-Unis des pays qui cumulent le moins d’élèves en situation de réussite et le plus d’élèves en difficulté. Il semble d’ailleurs, en observant les résultats de l’ensemble de ces pays, que d’une manière générale les pays dont l’élite est la mieux formée sont aussi ceux qui limitent le nombre des échecs scolaires. Daniel Bloch remet en cause le découpage des responsabilités financières et des orientations éducatives entre l’Etat et les différentes collectivités ...

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La déprime des opprimés : enquête sur la souffrance psychique en France

Recension par Christophe NIEWIADOMSKI (Université Lille 3)
à propos du livre de Patrick COUPECHOUX

 

L’ouvrage que signe Patrick Coupechoux est, sans nul doute, l’un de ceux qui aident à penser. Néanmoins, qu’on ne s’y trompe pas, le lecteur ne sortira pas indemne d’une telle lecture, tant la thématique abordée ne saurait laisser insensible. Au fil des pages, l’auteur développe un propos qui décrit avec une grande finesse le malaise grandissant qui affecte aujourd’hui l’univers du travail ainsi que la souffrance et les drames qui en résultent. Sans jamais céder à la facilité des critiques partisanes ou des arguments simplistes, Patrick Coupechoux procède ici à une minutieuse enquête de ces phénomènes dans diverses strates de la société contemporaine et appuie par ailleurs son propos sur une lecture attentive et érudite des spécialistes du domaine de la souffrance au travail.
La présentation des sept histoires qui composent la première partie du livre permet au lecteur d’entrer de plain-pied dans le récit à la fois lucide et poignant de vies bousculées et maltraitées par la souffrance psychique que génèrent aujourd’hui certaines situations de travail et de difficultés d’accès à l’emploi....

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Suicide et travail : que faire ?

Recension par Christian VERRIER (Université Paris 8/Vincennes-Saint-Denis)
à propos du livre de Christophe DEJOURS et Florence BÈGUE

 

Suicide et travail : que faire ? se penche sur des faits extrêmement sensibles, qui, depuis quelques années, occupent avec une inquiétante régularité le devant de la scène sociale et médiatique. Ce livre trace un portrait aiguisé de ce qu’est devenu un monde du travail que les nouvelles tendances managériales ont radicalement transformé, disqualifiant les valeurs qui le constituaient, avec ce qu’elles comportaient de coopération, de convivialité, de collectif, mais aussi de qualité réelle, qui ne saurait être confondue avec la notion leurrante de « qualité totale ». Christophe Dejours et Florence Bègue nous accompagnent dans cet univers, au plus près des graves symptômes de la désagrégation relationnelle engendrée par la nouvelle idéologie de la gestion et de la production.
S’il subsiste des inconnues sur la fréquence et le sens des suicides au travail, l’ouvrage fait état de trois cadres d’analyse visant à en fournir des éléments d’interprétation (pp. 24-32) : l’approche par le stress, qui lie les perturbations biologiques et psychiques à des facteurs environnementaux (cadre cognitivocomportemental) ; l’analyse « structuraliste », attribuant le suicide à des failles individuelles (approche portée par la psychiatrie et la psychanalyse conventionnelles) ; enfin l’analyse « sociogénique », qui met en relation les phénomènes de décompensation psychopathologique chez un individu en situation d’activité...

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Le Nouvel Ordre protectionnel

Recension par Christian VERRIER (Université Paris 8/Vincennes-Saint-Denis) à propos du livre de Didier VRANCKEN

 

Avec ce nouveau livre, Didier Vrancken porte un regard de sociologue critique sur notre époque où le système de protection sociale établi dans la deuxième partie du bien que toujours en place, semble remis en question par un courant idéologique, économique et politique venu du néolibéralisme. A l’effritement des protections sociales telles que les ont connues les générations les plus anciennes succéderait progressivement un Nouvel Ordre protectionnel (les majuscules sont de l’auteur), qui, plutôt que de définir la protection en fonction de l’appartenance à une catégorie ou une population d’ayants droit, envisagerait de traiter, presque au cas par cas, la situation d’individus pris dans les aléas d’une société rompant peu à peu avec les repères protectionnels de l’Etat providence. L’homogénéité des populations professionnelles, la continuité des carrières et des vies ont fait place à une hétérogénéité sans cesse reconduite et s’accentuant toujours davantage. Aux assurances de sécurité que procurait naguère la régularité des existences s’opposent aujourd’hui les incertitudes et les discontinuités de la vie salariée, semblant réclamer de la part du nouvel ordre protectionnel qu’il s’attache en priorité au vécu des individus confrontés aux vicissitudes et difficultés de leurs parcours socioprofessionnels.XXe siècle, ...

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