Mai 2022

Face à l'arbre - Un traduire sensible

 

Le 12 Mai 2022 de 9h à 19h, une journée d'étude - Université Paris 8 - Maison de la Recherche - Amphi MR002 - 2 rue de la Liberté - 93526 Saint-Denis - Amphi MR 002

Avec Gabriel Baudrand / Biagio D’Angelo / Christine Delory-Momberger / Quentin Hiernaux / Rodolphe Olcèse / Gilles Picarel / François Soulages / Jacques Tassin / Christine Vial-Kayser

À l’ère de l’anthropocène, où le rapport au végétal semble être guidé par l’idée d’utilité et se réduire à une approche instrumentale, cette Journée d’étude se propose de revenir à l’arbre même, dans son irréductibilité toute phénoménologique, comme on revient au monde. Car la proximité avec l’arbre et le fait de vivre parmi les arbres pourraient paradoxalement nous empêcher de le voir véritablement. Surtout, cette cécité empêcherait de faire advenir le sens que l’arbre revêt pour les humains.

Dans cette perspective d’un retour à l’arbre, en quoi l’art permettrait-il de s’engager dans l’expérience de l’apparition ? Par-delà l’apparence, pourquoi aiderait-il spécifiquement à penser ce passage du voir au regard ? Ces questions sont légitimes, car, si la force imageante de l’arbre appelle au dialogue et si son immobilité et sa verticalité conduisent à lui accorder une attention particulière, il n’est pas évident que, face à l’arbre, l’art soit une condition suffisante à la possibilité d’un échange. L’extériorité de l’arbre ne confronte-t-elle pas toute création artistique à une séparation radicale ou alors à une incompréhension inéluctable à son endroit ?

Ainsi, dans l’hypothèse où l’arbre entrerait en résonnance avec les humains, en quoi l’art permettrait-il d’engager le dialogue avec lui et de quelle manière ? Pourquoi et comment l’art permettrait-il de traduire les signes émanant du végétal ? Dans la perspective d’un dialogue possible avec l’arbre, cette Journée d’étude interroge ce que pourrait être un traduire sensible qui n’enferme pas le face-à-face avec le végétal et le sens qui en surgit dans une totalité, mais les déploie au contraire dans une pluralité. Elle portera également son attention et ses interrogations sur les enjeux anthropologiques et philosophiques soulevés par une création artistique qui travaille et expérimente l’idée de continuité entre les vivants humains et les vivants végétaux.